MEHDI SHINESHEN

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Mehdi Shineshen est né en 1996 à Marseille, France. Il vit et travaille à Paris (75)


C’est en traversant des lieux abandonnés, friches urbaines qu’il engage son travail, entre exploration urbaine, recherches d’archives et mémoire personnelle.
Mehdi Shineshen s’intéresse à ces territoires transitoires marqués par l’exode rural et par les mutations sociales, économiques et politiques qui ont façonné nos manières d’habiter. En les parcourant, il interroge la mémoire collective et observe comment ces espaces, altérés ou transformés, continuent d’influencer notre rapport au monde, aux autres et à notre histoire commune.

Son travail s’apparente à une fouille archéologique, un geste de stratification, d’effacement et de révélation. Les couches s’accumulent et s’interpénètrent dans un effet de palimpseste, telle une peau qui garde la cicatrice de ce qui l’a frôlée. Les strates ne suivent pas un ordre chronologique : elles coexistent, se superposent et se contaminent. Ses installations et performances naissent dans l’éphémère : elles apparaissent pour disparaître, ne laissant que des traces, des résidus d’usages et de présences, comme autant de signes d’un passage. Inspirées par les logiques de migration et de recyclage, ces matériaux récupérés interrogent ce qui circule, résiste ou s’efface. Sa peinture et ses fresques prolongent cette réflexion. Composées de pigments bruts liés à l’huile ou à la caséine, elles inscrivent la couleur dans une matérialité. En préparant les surfaces à la poudre de marbre, la peinture se minéralise : elle devient pierre, accueille l’altération. À l’image d’une ruine, elle se transforme avec le temps et rend visible une mémoire en devenir.

Héritier d’une culture égyptienne, l’impermanence et la métamorphose nourrissent son regard. Il s’oppose à l’idée d’un contrôle absolu et refuse celle d’une image figée. Comparant parfois son processus à une jam session, les formes naissent fragmentées, défigurées, maintenues dans une tension continue, sans jamais se clore entièrement. À la lisière du visible, quelque chose affleure. Un état instable, une sensation. Ce qui apparaît n’est jamais fixe : un lieu en mutation, la fragilité d’un instant.